Une bise sur chaque joue

Caroline Ulsamer fait partie des meilleures danseuses sportives du pays

C'est une belle tradition : BMA présente chaque année un membre de son équipe qui a un loisir particulier. Cette fois-ci, nous avons parlé avec Caroline Ulsamer qui est étudiante salariée au service des ressources humaines sur le site de Braunschweig depuis avril 2019. La danse est sa grande passion.

Braunschweiger TSC · Final | 2019 World Formation STD Moscow

 

Madame Ulsamer, vous êtes danseuse sportive et faites partie de l'équipe A de danse standard du Braunschweiger Tanzsport Club (BTSC). Dernièrement, votre équipe est devenue vice-championne allemande et a remporté la quatrième place lors du championnat du monde à Moscou. Qu'est-ce que vous avez en tête juste après votre passage, lorsque la musique s'arrête ?

Du pur bonheur ! La joie et le soulagement d'avoir réussi sont immenses. Après mon passage, je me demande : est-ce que j'ai bien dansé ? Comment réagit mon entraîneur ? Le corps est alors plein d'énergie et il est formidable de voir tout le public devant soi.

Pouvez-vous encore vous souvenir de votre tout premier cours de danse ?

Oui, c'était dans mon école de danse avec un camarade de classe. À l'époque, je jouais encore au volley-ball et je chantais aussi dans une chorale. Combiner le sport et le chant était déjà difficile. Et puis, la danse s'y est ajoutée...

Quand avez-vous commencé la danse sportive ?

Je n'oublierai jamais la première fois où j'ai vu à 15 ans en tant que spectatrice l'équipe A – où dansent les meilleurs – participer au championnat allemand au palais des sports de la ville de Braunschweig. J'ai alors dit à ma mère : « Moi aussi, je veux danser comme ça ! ». Quelques semaines plus tard, j'ai participé au casting de danse du BTSC – sans grande préparation. On m'a accroché un dossard sur le dos et voilà.

Comment cela s'était-il passé ?

J'ai obtenu de très bonnes réactions et beaucoup de compliments après mon audition, avec pour leitmotiv : « Chapeau ! ». Et peu de temps après, je m'entraînais déjà avec l'équipe B. Deux ans plus tard, mon rêve était devenu réalité : j'étais en piste lors du dernier grand tournoi de la saison.

Combien de tournois avez-vous dans l'année ?

Dorénavant, je danse avec l'équipe A lors du championnat allemand, où la saison dure de janvier à mars. Cinq tournois sont organisés pendant cette période. Cela signifie que nous devons présenter notre chorégraphie en équipe deux fois par jour de compétition. Elle est notée par sept juges qui sont même au nombre de douze pour les championnats importants.

Les tenues des danseuses attirent véritablement le regard. Est-ce que vous les achetez vous-mêmes ?

Les tenues des danseuses et des danseurs sont fournies par l'association. Nous portons ces tenues tant que nous dansons la même chorégraphie – en général, pendant trois ans. Ce que tous les danseurs et danseuses doivent payer eux-mêmes, ce sont les chaussures.

Lors des compétitions, toutes les femmes ont la même couleur de cheveux et la même coiffure. Est-ce que vous employez un maquilleur ?

Non, nous faisons cela nous-mêmes. Afin de toutes se ressembler, les femmes se coiffent mutuellement dès la veille du tournoi la plupart du temps. Les derniers préparatifs ont ensuite lieu le lendemain matin avant le début du tournoi. Le jour du championnat allemand, nous nous sommes même levées pour cela à 4 heures du matin. Les cheveux sont vaporisés en noir, un postiche est attaché à la queue de cheval et des bijoux en strass sont épinglés dans les cheveux. Cela peut prendre quatre à cinq heures avant que toutes les femmes soient coiffées, maquillées et aient collé leurs faux-cils.

Est-ce qu'il y a chez vous un banc réservé aux remplaçants comme au football ?

Une équipe n'est pas seulement composée des huit couples de base. L'équipe serait perdue sans les danseurs et danseuses qui peuvent prendre la relève dans les situations extrêmes. Un neuvième couple se tient donc prêt à côté de la piste. Il peut y avoir des problèmes de performance ou de santé qui incitent l'entraîneur à modifier la formation.

Les spectateurs ont l'impression que vous planez sur la piste, tant vos mouvements semblent légers comme une plume. À quelle fréquence vous entraînez-vous ?

Nous nous entraînons cinq à sept jours par semaine. Ainsi, nous arrivons environ à 20 heures d'entraînement.

Recevez-vous de l'argent pour pratiquer ce sport ?

Je ne gagne pas d'argent en tant que danseuse sportive au niveau amateur. C'est seulement si je rejoignais les professionnels au niveau individuel que je pourrais gagner ainsi un peu d'argent.

De nombreuses associations se plaignent de manquer de jeunes. Est-ce que cela concerne aussi la danse sportive ?

Pas systématiquement, mais plus d'hommes pourraient s'intéresser à cette belle discipline sportive.

Vous avez passé votre bac en parallèle, vous étudiez désormais tout en travaillant depuis le début chez BMA. Pouvez-vous imaginer danser de manière aussi intensive même avec un emploi à temps plein ?

C'est certain. Je pense que ce serait même plus facile pour moi d'avoir des journées de travail régulières que maintenant pendant mes études. En tant qu'étudiante, il peut certes m'arriver d'avoir un jour de libre, mais le lendemain j'ai cours de 8 à 18 heures. Il me reste à peine le temps de m'entraîner.

Est-ce qu'il y a un évènement particulier dont vous vous souvenez volontiers ?

Le soir du dernier entraînement qui a précédé les championnats du monde, j'ai appris que j'allais y participer. C'est ma plus grande réussite jusqu'à présent. Un deuxième évènement incroyable a été de devenir vice-championne allemande, juste après les championnats du monde. Ce sont des moments que je n'oublierai très certainement jamais.

Est-ce que vous sortez aussi le soir avec vos amis pour aller danser ? Ou bien est-ce que vous vous dites : j'en ai assez en fait…

De temps en temps, comme la veille du 1er mai, je vais danser à titre privé. Mais quand les hommes apprennent que je fais partie du BTSC, cela leur fait peur et aucun d'eux ne veut danser avec moi.

Laquelle des danses standard est personnellement votre favorite ?

C'est le tango : la danse qui est la plus expressive à mon avis.

Votre partenaire de danse actuel est très jeune. À quelle fréquence devez-vous vous adapter à un nouveau partenaire ?

C'est vrai, Anton a seulement 16 ans. En règle générale, les hommes connaissent leur position définitive très tôt avant un grand tournoi. Les femmes par contre apprennent beaucoup plus tard leur position. Cela dépend de l'harmonie des différents couples entre eux. Anton est mon quatrième partenaire de danse.

Que se souhaitent les danseurs avant leur passage ?

De s'amuser – avec une accolade et le plus souvent une bise sur chaque joue.

Alors, amusez-vous bien et merci beaucoup pour cet entretien passionnant. Nous vous souhaitons bonne chance pour vos carrières à la fois professionnelle et sportive !

Claudia Hohmann
Caroline Ulsamer